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MARY ET MAX d'Adam Elliot.



      Quel plaisir à l'heure du tout numérique, des cheveux en images de synthèse et des décors en 3D de voir débouler ce magnifique MARY ET MAX (  ♥♥♥ ), un véritable petit bijou d'humour noir, fait de pâte à modelée animée image par image à la manière d'un Wallace et Gromit. Façonné avec amour par son créateur Adam Elliot, le film s'impose comme l'un des plus jolis film d'animation de l'année.

      D'emblée la prouesse visuelle fait son effet, et les deux héros solitaires, une petite australienne de huit ans et un new-yorkais obèse qui communiquent par courrier, sont attachants. Parfois pathétiques, souvent torturés mais toujours drôles et émouvants, vous retrouverez forcément quelque chose de vous en eux. Par contre, je déconseille d'y emmener vos rejetons, tant le ton employé et les sujets abordés sont sombres et s'adressent principalement aux adultes. La mort, par exemple, loin d'être éludée, est une des questions principales du film, on y parle aussi de suicide, de dépression, et... de hot-dog au chocolat. Oui,  on rigole beaucoup ! Une mère alcoolique et indigne, un voisin agoraphobe, un chat miteux et borgne ne sont que quelques exemples de la ménagerie de freaks qui entourent nos deux héros malheureux. J'ai eu un gros coup de cœur pour ce récit épistolaire en noir et blanc qui  déborde d'originalité, brassant avec brio une multitude de thèmes aussi divers que cocasses. La "fabrication" des bébés donne lieu aux hypothèses les plus incongrues, par exemple...




      La correspondance entre Mary et Max, commentée en voix off par un narrateur au débit très détaché et cynique (en V.O en tout cas) se compose d'anecdotes farfelues ou de détails émouvants. On passe d'une émotion à une autre, en un clin d'œil, à la faveur du souvenir ou du fantasme de l'un des deux personnage, rongé par la solitude. Agrémentée d'une bonne dose d'inventions originales, Max et Mary s'offre aussi une bande-son parfaite ainsi qu'un casting de voix parfait (on remarquera particulièrement Barry Humphries en narrateur, et Philip Seymour Hoffman en Max). Dommage que la dernière demi-heure, un peu trop démonstrative enchaîne les scènes de désespoir pas forcément utiles... il serait criminel de passer à côté. 



 
Mary et Max. - ma note pour ce film :
Réalisé par Adam Elliot
Avec Toni Collette, Philip Seymour Hoffman, Eric Bana, ...
LE JEU DE L'ANGE de Carlos Ruiz Zafon

      L'Ombre du Vent de Carlos Ruiz Zafon ( lire ma critique dithyrambique >> ici << ) est devenu, depuis que je l'ai lu cet été, LE cadeau parfait, celui que j'offre à mes amis, à ma famille pour les convaincre du génie de ce roman. C'est aussi LE conseil que je donne aux clients curieux ou perdus de ma librairie. Jusqu'à présent tous les retours  que j'ai eu sont positifs (ou fort polis) et même >> Chippily << fut séduite par les aventures mystérieuses de Julian Carax dans les rues tortueuses de Barcelone. En mélangeant habilement les genres, Zafon réussit à séduire le plus grand nombre, chaque lecteur décèlera forcément dans le récit un élément qui lui plaira. Un livre rare et envoutant.

      La "suite" du livre, LE JEU DE L'ANGE, faisait partie de la morne rentrée littéraire de cette année 2009, au milieu des indécrottables Beigbedder et Nothomb, qui nous pondent leur nouvelle annuelle. C'est avec une logique implacable et l'avidité énamourée d'un adolescent le jour de la sortie du nouvel album de Tokyo Hotel que je me suis rué sur le nouvel ouvrage de Zafon, lui faisant son affaire en quelques jours dans tout ce que la capitale compte de transports en commun.




      L'histoire suivra cette fois le jeune David Martin, dans le Barcelone des années 20. Son parcours du quotidien local, où il officie en tant que pigiste, à l'écriture de feuilletons littéraires qu'il écrit sous un pseudonyme pour le compte de deux éditeurs véreux. Épuisé par leurs exigences, déçu par l'échec de son premier roman, il tombe dans la déchéance le jour où son amour de jeunesse épouse son meilleur ami et mentor. Arrive alors une offre extraordinaire : un éditeur parisien, le mystérieux Corelli, lui propose, contre une fortune, de créer un texte fondateur, "une histoire pour laquelle les hommes seraient capables de vivre et de mourir, de tuer et d’être tués, d’offrir leur âme", une sorte de Bible pour une religion dont Corelli serait le messie. Du jour où David accepte ce contrat, une étrange mécanique du meurtre se met en place autour de lui. En vendant sa liberté d’écrivain, aurait-il vendu son âme au diable ? Épouvanté et fasciné, David se lance dans une enquête sur ce curieux éditeur.

      L'entremêlement des genre est encore présent, c'est l'une des force de Zafon. Ce un nouveau récit d'aventure initiatique tourne autour des thèmes chers à l'auteur : les livres, l'écriture, l'inspiration et l'amour. Le style, toujours aussi riche, avec son humour fin et ses nombreux rebondissements, donne une plus grande place au surnaturel qui, cette fois, est plus que suggéré. La notion fantastique qui était soumise à l'interprétation de chacun dans L'Ombre du Vent, est ici beaucoup plus présente. L'ambiance est sombre et parfois carrément mystique.

      Mais autant le dire franchement. Le Jeu de l'Ange est en dessous de L'Ombre du Vent, moins intense, moins drôle et souffre surtout de l'utilisation d'une structure narrative trop similaire : le héros interroge un personnage, qui lui donne, grâce à son témoignage, un morceau du puzzle, et l'enverra vers un autre, etc. Peut être qu'un laps de temps plus long entre les deux lectures aurait diminué cette impression de dija vou ( comme dirait Beyoncé )

      Ce Jeu de l'Ange reste toutefois une très bon conseil de lecture, surtout si, comme moi, vous avez aimé le premier au point d'être nostalgique en tournant la dernière page. De nombreux passages enrichissent L'Ombre du Vent car que Zafon liens tisse entre les deux livres sont légion. Comme l'action se déroule 20 ans avant, au même endroit, beaucoup d'éléments familiers reviennent comme le Cimetière des Livres Oubliés et son cerbère décrépi, la librairie Sempere... Au final ils s'imbriquent pour ne former qu'une seule et même histoire, celle de Barcelone, une ville sombre et gothique où le mystère peur surgir à chaque coin de rue.

 
DVD SESSION.
          

LOOKING FOR ERIC. ( ♥♥♥♥ ) de Ken Loach, avec Eric Cantona, Steve Evets. Avec cette histoire de postier qui invoque l'esprit de son idole pour résoudre ses problèmes, Loach signe un retour bienvenu et réussi à la comédie. Le projet du cinéaste engagé de s'allier au footballeur culte semblaità première vue improbable. Pourtant le charisme, et l'humour mâtiné d'auto-dérision de Cantonna se fond à merveille et à ma plus grande surprise, dans cette comédie sociale où il trouve un rôle à sa mesure... le sien. Sans perdre de vue son obsession de dépeindre le malaise de la classe moyenne anglaise, Loach s'amuse à intégrer un élément fantastique amusant dans sa fable réaliste émouvante. Une vraie réussite.

WELCOME. ( ♥♥♥ ) de Philippe Lioret, avec Vincent Lindon, Firat Ayverdi. Touchant et engagé, ce film très noir que je n'avais pas eu le temps de chroniquer au moment de sa sortie ciné, m'a tout autant bouleversé lors de cette deuxième vision en DVD. La décision insensée de ce jeune réfugié kurde de traverser la Manche à la nage pour rejoindre l'Angleterre a l'élégance de rester très pudique en évitant de tomber dans la démonstration larmoyante. Le final, inéluctable est poignant malgré un léger manque d'ambition et de personnalité dans la réalisation. J'ai beaucoup aimé le fait que la première raison de Lindon pour aider le garçon a effectuer sa traversée ne soit pas un acte gratuit de générosité, mais d'abord pour épater sa femme perdue. Une bonne surprise émaillée de très bonnes idées, tout comme l'était Je vais bien ne t'en fais pas.

JE L'AIMAIS. ( ) de Zabou Breitman, avec Daniel Auteuil, Marie-Josée Croze. Aussi inoffensif que le roman d'Ana Gavalda dont il est tiré, mais plus réussi que l'adaptation de son roman précédent Ensemble, c'est tout, ce film vaut surtout pour les moments de grâce apportés par le couple d'acteurs principaux. La mise en scène assez molle, malgré un joli travail sur les transitions entre séquences, m'a plongé dans une certaine léthargie proche de la somnolence. Amputé d'une demi heure de travellings dans les escalators d'aéroports, couloirs d'hôtels, et de gros plan d'Auteuil dans son taxi, le film aurait surement gagné en fluidité. A noter la jolie présence de Florence Loiret-Caille, trop rare sur nos écrans.

LA FILLE DU RER. ( ♥♥ ) d'André Téchine, avec Emilie Dequenne, Catherine Deneuve, Michel Blanc. Œuvre mineure dans la filmographie du cinéaste à cause d'un scénario bancal divisé en deux parties bien trop distinctes, le film arrive à captiver par l'excellente étude de caractères qu'il livre. Le fait divers qui donne son titre au film reste un élément assez anecdotique mais s'avère le pivot scénaristique qui va révéler chacun des personnages. Tous sont bon : Nicolas Duchauvelle, qui disparait un peu étrangement au milieu, Ronit Elzabetz, impériale, et mention spéciale à la solaire  Emilie Dequenne héroïne, à l'opposé de son rôle dans Rosetta) sauf celui campé par Matthieu Demy, inutile, dont les scènes auraient put aisément être coupés au montage. Imparfait mais touchant.

 
Looking for Eric - ma note pour ce film :
Réalisé par Ken Loach
Avec Eric Cantona, Steve Evets, Stephanie Bishop, ...
Coup de Gueule.

 

     Depuis des mois, éditer un article sur l’interface d’Allociné devient un exercice de plus en plus difficile et compliqué. Entre les temps d’attente interminables, les surcharges de connexion, les outils graphiques qui ne fonctionnent pas, la limite de stockage ridicule, Allociné nous offre un éventail complet de désagréments et d’énervements qui donnent envie d’aller voir ailleurs (en à peine une semaine, 4 blogueurs, et pas des moindres, sont partis vers de meilleurs horizons).


     C’est pourquoi, dans la mesure où d’autres blogueurs désirent s’associer à ce ras-le-bol général, déjà relayé sur pas mal d’autres blogs, je vous invite à exprimer ici votre mécontentement ou à recopier cet article sur votre blog (et ainsi de suite), espérant peut-être faire comprendre aux hautes instances d’Allociné que cela ne sert à rien de jouer la sourde oreille ou de préférer la politique de l’autruche. Et leur faire admettre, surtout, qu’il faut réellement améliorer l’interface (peut-être prévu avec le lancement prochain de la nouvelle version du site) déficiente et presque obsolète qui tient lieu aujourd’hui de pauvre système d’édition.

Si vous aussi vous en avez ras-le-bol, copiez-coller ce message initié par  >> mymp  << en une de votre blog !

PS : 3 minutes pour faire cet article... 20 minutes pour le publier. Cherchez l'erreur.

 
Pauline et l'ordinateur - ma note pour ce film :

Avec Josiane Balasko, Gérard Jugnot, Martin Lamotte, ...
Critiques films 2009 : OCTOBRE
SND    Sony Pictures Releasing France    Universal Pictures International France

      En choisissant de coller au plus près de ses trois personnages principaux, à la manière d'un documentaire, Kathryn Bigelow fait un choix intéressant pour son DÉMINEURS ( ♥♥ ). En gommant toute exposition du contexte géopolitique, des tenants et aboutissants de la guerre en Irak, elle réussit à nous placer directement au cœur du conflit et de sa brutalité. Elle réussit en tout point là ou avait échoué Le Royaume, et son casting de stars roulées dans la poussière, qui par trop de didactisme manquait cruellement de rythme et de tension. Et ici, niveau tension, on est plutôt servi. La violence, qui surgit n'importe quand, n'importe où, crée un climat d'inquiétude et d'urgence quasi constant et palpable. En plus, Bigelow a eu le bon goût ne pas en rajouter. Pas d'effusion d'hémoglobine, ni de larmes auprès du cadavre d'un ami agonisant pendant 10 minutes. Encore plus appréciable : la sobriété de la mise en scène qui se prive des habituels effets tape à l'œil, et souvent : pas de musique. (C'est rare que je remarque le travail sur le son quand je suis au cinéma, et là j'ai été très impressionné) Le tout est donc très sobre, à l'image de cette scène très réussie d'affrontement silencieux entre sinpers au milieu du désert. Si le réalisme des scènes de déminage prend aux tripes, il est bien dommage qu'elles soient si répétitives et qu'on aie l'impression d'assister à un inventaire des différentes déclinaisons de désamorçage (la loupée, puis la réussie, la réussie mais presque loupée, la loupée mais presque réussie, la voiture piégée, le cadavre piégé, le kamikaze, etc...) Les autres scènes, qui s'intercalent, sont, en comparaison, faibles et peu intéressantes. Les personnages aussi manquent de consistance, pourtant on pouvait faire quelque chose de ce soldat doppé à l'adrénaline du terrain qui s'ennuie à son retour à la maison, dérouté devant un étalage de céréales alors qu'il arrive à démonter une voiture et à désamorcer une bombe en trois minutes. Surtout que Jeremy Renner, qui l'incarne est une belle découverte, au même titre que ces deux compagnons de galère : Brian Geraghty, et Anthony Mackie. C'était le premier film de Kathryn Bigelow (et pas >> Kathy Bigote <<...) depuis 2002. J'espère que l'enthousiasme des critiques lui donnera envie de retrouver plus vite les plateaux de tournage...


      TEMPÊTE DE BOULETTES GÉANTES ( ♥♥ ) ravira à coup sur les 7/12 ans grâce à ses personnages attachants, sa succession de scènes cocasses et son rythme échevelé. Devenue une norme en matière de film d'animation cette année, la 3D, pas indispensable ici, rendra quand même honneur à l'effort tout particulier des animateurs de Sony Pictures sur la texture des aliments (la glace, la gelée, plus vrais que nature) On sourit souvent des personnages secondaires (Brent, la mascotte de la sardine, ou Earl, le flic hyperactif, doublé en V.O par Mr T. en  personne) Après, il faut admettre que la compagnie qui signe là sa 7ème incursion dans le monde de l'animation (après des titres oubliés comme les Rois de la Glisse, ou Les Rebelles de le Forêt) a bien du mal à faire le poids face aux géants Pixar et Dreamworks. La raison : le spectateur adulte, lui, ne trouvera son compte qu'à condition de fermer les yeux sur la légèreté de l'exploitation d'une histoire qui promettait pourtant d'infinies possibilités. En effet, l'utilisation de cette fameuse machine à faire pleuvoir pitances variées et caloriques sur l'humain avide sert à... créer un parc d'attraction. C'est un peu mince pour un scénario de départ qui permettait d'aller beaucoup plus loin dans le sous-texte. Si les habitants de ce village, grisés par l'abondance et leur folie sur-consumériste, sont punis du gaspillage quotidien qu'ils dont de la nourriture, se la jetant au visage, ou se roulant dedans comme des gorets, si le maire devient obèse à s'en faire péter les boutons de blazer, pas la moindre allusion n'est avancée pour faire de cette invention la révolution qui pourrait annihiler la faim dans le monde. Pas un mot... Le bon côté c'est qu'on nous épargne la scène, que j'imaginais déjà, ou un petit africain sous-alimenté, mais mignon quand même, sortait de son tipi pour ouvrir de grands yeux étonnés sur les épais hamburgers échoués dans l'enclos de ses chèvres faméliques. Chris Miller et Phil Lord nous livrent donc un sympathique petit film-catastrophe alimentaire ou des spaghettis font Twister pendant que des boulettes de viande font Armageddon. Parfait pour détendre les petits un mercredi après-midi. Pas plus.  

      Je pensais qu'En Cloque : Mode d'Emploi, m'avait par sa vulgarité et sa vacuité, vacciné contre Judd Apatow et sa clique. FUNNY PEOPLE ( ) m'intriguait, surtout car il promettait une plongée dans le monde du stand-up. S'il est peu connu en France, malgré la récente médiatisation auprès des jeunes par Jamel Debbouze et son Comedy Club, c'est une véritable institution aux Etats-Unis, à New York du moins. Malheureusement les rares moments sur scène dans le film sont affligés d'un humour à la finesse d'un Bigard au meilleur de sa forme, que je résumerai trivialement par couille-cul-poil-bite. On est parfois gêné d'être là. La seule à s'en sortir est Aubrey Plaza (30 secondes au micro) qui parodie les paroles des rappeurs. Les autres tentatives d'humour sont honteusement pillées sur South Park (les chatons de Youtube) et j'ai aussi repéré des gags vus dans Seinfeld, Friends, et Ally McBeal... On retiendra quand même la scène avec Eminem (la meilleure du film) l'apparition du fameux Tom (votre premier ami sur Myspace) et les vraies images d'archive des acteurs, toujours sympathique, qui parsèment le film. Adam Sandler (après Punch Drunk Love, voilà le deuxième film que je vois en entier) joue parait-il beaucoup mieux que d'habitude ? Il suffit de voir la scène ou il apprend sa maladie pour voir qu'il reste encore quelques lacunes... Le reste du casting est à l'avenant et regroupe la bande habituelle du réalisateur, dont Seth Roger, qui arrive malgré quelques dérapages à rendre son personnage de candide plus touchant que prévu. Vraiment bof.


 
Démineurs
Réalisé par Kathryn Bigelow
Avec Jeremy Renner, Anthony Mackie, Brian Geraghty, ...
(500) JOURS ENSEMBLE de Marc Webb

     Avant-première, choux de Bruxelles et panier de linge sale...


       (500)JOURS ENSEMBLE♥♥♥ ) est une comédie romantique (*)... Or, pour moi, la comédie romantique est au cinéma ce que les choux de Bruxelles sont à la cuisine : un petit truc indigeste, qui pue, et qui a tendance à me fait gerber. Mais les avant-premières servent à ça, n'est-ce pas ? Ouvrir ses goûts à des choses nouvelles... gratuitement.

     Première bonne surprise : ce n'est ni sucré, ni convenu. En effet, le réalisateur Marc Webb ne se gène pas pour chambouler la chronologie et parsemer son récit de scènes fantasmées surprenantes. En gros, il autorise tout ! Quand le héros est amoureux, il peut transformer le trajet jusqu'à son travail en comédie musicale, alors que sa déprime se traduit par une parodie en noir et blanc du cinéma européen des années 40. L'originalité de la mise en scène et du découpage comble les faiblesses d'un scénario qui manque cruellement d'enjeux. Peut être que si les seconds rôles avaient été un poil plus développé on aurait moins cette sensation de tourner en circuit fermé autour du couple central. Le film se suit tout de même agréablement, et on avance par petites touches grâce à une succession de pastilles, dont la majorité sont assez bien faites. Qui n'a jamais fait ça à Ikea ?! La bande-son assez éclectique correspond bien au ton "patchwork" du film (même notre première dame n'y dénote pas !)

      Ensuite, deuxième bonne surprise : c'est une comédie romantique... pour garçons ! Oui, je sais, dis comme ça, c'est pas très vendeur... mais comme toute l'histoire est vue par les yeux de Tom, un rêveur tombé raide dingue de sa singulière collègue de boulot, j'ai forcément été plus touché. On a l'impression que les rôles habituels sont inversés alors que c'est juste la vision du romantisme qui est inédite. Souvent quand l'homme est le héros de ce genre d'histoire, on tombe vite dans la biture à Las Vegas, ou la perte de virginité au lycée. Joseph Gordon-Levitt, dont je suis la carrière depuis Mysterious Skin, y est parfait, charmant ébouriffé, déboussolé face à une femme qui ne réagit jamais comme il le souhaiterait. L'étrange Zoey Béchamel (entrevue dans deux ou trois épisodes de Weeds) qui incarne Summer, bien que fort mignonne, me laisse une fois de plus une impression mitigée. Semblant toute droit sortie du panier de linge sale de Blanche Neige, ou d'une piscine au taux de chlore exagérément élevé, elle roule ses yeux sous une lourde frange en attendant que je la gifle. Mais je ne la gifle pas, alors elle continue à rouler ses yeux. Elle est sans doute la seule petite ombre au tableau !

En bref un joli moment dont je suis le premier surpris.

(*) La comédie romantique est un sous-genre du cinéma, équivalent de la collection Harlequin en littérature. Destiné à un public de jeunes filles en fleur, peu exigeantes sur le scénario, si le couple que tout oppose au début, finit par s'embrasser/se marier à la fin. La comédie romantique ravit aussi les amoureux, plus soucieux de se bécoter que de suivre ce qui se passe à l'écran. La comédie romantique atteint son ennuyeuse apogée dans les années 80, popularisée par une actrice devenue has-been depuis Meg Ryan, reléguée, après un passage malencontreux sous d'incompétents bistouris, aux oubliettes Hollywoodiennes. Certaines ont tenté de lui succéder avec le même manque d'enthousiasme (citons Gouinette D ou Drou B.) et la comédie romantique a bien failli ne jamais s'en relever. C'était sans compter sur l'absence de charisme et la ténacité molle d'une Jenifer A. qui fait aujourd'hui, les beaux jours du chick movie... (Bon ! J'reprendrai bien des choux de Bruxelles, moi...)

 
(500) jours ensemble - ma note pour ce film :
Critiques films 2009 : SEPTEMBRE
UGC Distribution        SND

     LE PROPHETE ( ♥♥♥♥ ) restera surement la claque cinématographique, le plus grand film de l'année. Après Sur mes lèvres, De battre mon cœur s'est arrêté ou Regarde les hommes tomber, Jacques Audiard est en train de se construire une filmographie sans faute. Là c'est carrément une leçon de cinéma qui rassure, entre deux comédies moisies, sur la santé de nos cinéastes hexagonaux. Le film de prison comprend pourtant son lot d'écueils, de clichés, et de scènes obligatoires. Tout ces défauts inhérents au "genre carcéral" sont évités ou brillamment remaniés dans ce film et lui donne un cachet de réalisme qui fait froid dans le dos quant à la situation précaire de nos prisons présentées comme des pieuvres malfaisantes où tout le monde semble corrompu. Le parcours initiatique captivant de ce jeune taulard qui va gravir un à un les échelons, de la petite délinquance au grand banditisme, prend aux tripes par son intensité. Pour soutenir le scénario riche et profond : Rien ne manque. Une ambiance noire et violente, une mise en scène magistrale, simple et efficace, une bande son ad hoc et des acteurs impeccables. J'ai eu du mal à croire que le film faisait 2h30... Niels Arestrup, comme souvent, bouffe l'écran dans le rôle cet ogre  manipulateur corse dont l'empire décline petit à petit. Mais c'est le  nouveau venu, Tahar Rahim, énorme, magnifique, jouant la fausse candeur puis la détermination avec la même justesse magnétique, qui est la révélation du film. Son visage, sa voix sont le cœur de ce film dont la dernière image, énigmatique, reste longtemps après la séance. Les Césars ne vont pas s'en remettre... Aller, je le dis ? ... Un chef-d'oeuvre.

     DISTRICT 9 ( ♥♥ ) est vendu sur un concept original et prometteur : un faux documentaire sur la cohabitation difficile d'extra-terrestres parmi les humains. Faute de mieux, ils les parquent dans des camps pour réfugiés à leur arrivée sur Terre. Même si cet aspect du film est très réussi et saisissant grâce à une mise en scène ingénieuse et imaginative, et à des effets spéciaux très réalistes qui intègrent à la perfection les aliens au monde réel, cela ne dure malheureusement que pendant les 20 premières minutes du film. Ensuite (dès que le héros est contaminé) cela devient plus conventionnel, voire carrément longuet vers la fin. Cette suite interminable de scènes où tout le monde se tire dessus et où tout explose lasse. On passe donc rapidement de l'admiration à l'ennui. Dommage que Neil Blomkamp n'a pas réussi a garder le rythme tout du long, car son film est déséquilibré et s'essouffle. L'acteur principal, Shartlo Copley, inconnu au bataillon, ne gagne pas à l'être beaucoup plus, tant son charisme rappelle celui du pas très regretté David Arquette qui doit être en train de tourner un truc du genre Le Retour du Loup Garou 8. Son personnage est tellement caricatural qu'il convient difficilement au style docu-réaliste souhaité. Un coup d'essai, pas de maître, mais qui mérite de suivre le futur travail de ce réalisateur.

     Le nom de Tim Burton accolé à la production de ce NUMERO 9 ( ♥♥ ) n'avait pas suffit a gagner mon enthousiasme, surtout depuis qu'il est devenu à la mode de mettre des noms prestigieux sur les affiches pour faire mousser la promo (dernier exemple en date sur l'affiche de L'Affaire Farewell, on lit : Une des plus grandes affaire d'espionnage du XXème siècle -Ronald Reagan- ... bientôt on pourra lire "avec Florence Foresti "j'ai bu un ver avec elle, elle est trop sympa -Sœur Emmanuelle- ) Bref, tout ça pour dire que c'est presque en trainant les pieds, la  veille de son dernier jour de programmation, que je me suis décidé à voir ce que je soupçonnais être une version gothique du jeu >> Little Big Planet << (le design des perso est similaire à un point assez troublant, non ?) Ce Toy Story vintage où Woody et Buzz, sont des poupées de chiffons amochées aux prises avec de cruelles machines dans un univers apocalyptique est visuellement parfait, surtout au niveau des textures, et bien rythmée. Pourtant, il peine à trouver le public auquel qui il veut s'adresser. Je l'ai trouvé un peu trop sombre pour des enfants, surtout que Shane Acker n'intègre aucune pointe d'humour ou de fraicheur, et l'intrigue s'avère un peu simplette pour combler des adultes. L'ambiance est même parfois un peu lourde. Numéro 6 et ses dessins, les jumeaux muets sont carrément flippants et on comptabilise tout de même *spoilers* 5 morts plutôt impressionnantes sur les 9 personnages... *spoilers* Ces petites créatures restent attachantes même si on peut déplorer un manque de personnalité chez le héros. Si La Machine, l'ennemi fait de rouages et de pinces métalliques ressemble trop aux méduses qui sévissent dans les sous-sol de Matrix, l'espèce de limace monstrueuse avec une tête de poupée greffée est horriblement géniale et bien conçue. Un bilan en demi-teinte pour un film  d'animation dont je retiendrai le moment de résurrection de la machine sur le fameux air de Judy Garland dans le Magicien d'Oz >> Over the Rainbow << (ça fait toujours plaisir à entendre alors n'hésitez pas à cliquer)

 
Un prophète - ma note pour ce film :
Réalisé par Jacques Audiard
Avec Tahar Rahim, Niels Arestrup, Adel Bencherif, ...
DVD SESSION.
              

GOOD MORNING ENGLAND. ( ♥♥♥♥ ) de Richard Curtis, avec Philip Seymour Hoffman, Rhys Ifans, Kenneth Brannagh. Pas gagné à la base (le sujet m'indifférait complètement et je n'avais aucune affinité culturelle avec les 60's) pourtant cette galerie de personnages déjantés et attachants servis par des comédiens en grande forme en ont fait une très bonne surprise ! Une vraie bouffée d'air frais qui a réussit à me captiver du début à la fin (malgré une petite longueur sur la dernière demi-heure) et m'a donné grâce à sa B.O démentielle, l'envie d'élargir mes horizons musicaux. Depuis deezer tourne à plein régime ! Merci, donc.

LES 7 VIERGES. ( ♥♥♥ ) d'Alberto Rodriguez, avec Juan José Ballesta, José Chavez. Gros coup de coeur pour ce film espagnol que j'avais loupé sa sortie et qui nous plonge dans les 48 heures qui vont changer la vie d'un ado difficile. On pense à une version ibérique de La cité de Dieu à cause de cette violence, partie intégrante d'un quotidien désenchanté, filmée de front et sans effet. Mené tambour battant, cette aventure réserve quand même son lot d'émotions (les passages avec la petite amie sont autant de respirations très mignonnes) Et surtout la découverte de deux jeunes acteurs naturels et justes qui bouffent l'écran de leur présence.

RICKY. ( ♥♥ ) de François Ozon, avec Alexandra Lamy, Sergi Lopez. Intriguant et inclassable, ce film ou le fantastique s'insinue dans le quotidien d'une famille idéale pour un reportage de Sans Aucun Doute, est atypique voire étrange. Il confirme l'amour du mélange des genres pour l'un des réalisateurs français les plus ambitieux, et révèle Lamy dans un registre inédit. On l'y découvre sensible, sombre puis lumineuse. On peut être dérouté sur les intentions d'Ozon, mais comme souvent il y'a plusieurs niveaux de lectures. Les clés ne nous sont pas livrées, aussi on peut y déceler de multiples interprétations.

ESPION(S). ( ) de Nicolas Saada, avec Guillaume Canet, Géraldine Pailhas. On ne comprendra jamais pourquoi la DST emploie ce bagagiste tombé de nulle part pour lui confier cette mission à haut risque, et encore moins pourquoi ce dernier s'implique à ce point. Souvent invraisemblable, et pas très rythmé, le film se traine, illuminé de temps à autre par cette histoire d'amour qui naît entre les deux héros. Dommage aussi que le casting français semble s'ennuyer à ce point, leurs compatriotes anglais (Rea, Panjabi, Siddig) relèvent le niveau.


Marina Foïs, Patrick Bruel, Karin Viard et Christopher Thompson. Luc Roux

     Coup de gueule : LE CODE A CHANGE ( ) de La Thompson, avec tout le gratin, dis donc.

     Nous voilà, pauvres spectateurs, convives témoins d'un diner où aucun personnage ne veut se rendre, car tous se détestent. Pourquoi serions-nous plus enthousiastes qu'eux de passer cette soirée avec votre galerie de stéréotypes antipathiques ? Oui, car à cette tablée on aura tout les clichés possibles et imaginables : un cancérologue juif (avec l'inévitable dispute sur la circoncision d'un  futur enfant, si, si) une avocate arriviste, une écrivain éthérée (oui, elle s'apprête à publier un livre sur un enfant autiste...) et d'autres membres de la médecine, du barreau ou des arts... Un repas de bobo friqués ? Pas tout à fait... car comme on a décidé de caster Dany Boon (- il sera jamais crédible en magistrat ou en prof de philo maman !! :/ - oué mais c'est l'acteur préféré des français!!) donc, faut pas déconner... voilà son personnage en recherche d'emploi, dessinant vaguement... Assez hilarante aussi, la touche exotique du cast, une espagnole volubile, qui fait du vélib et parler avec les mains... vous ne trouverez jamais son métier... elle est... elle est .... aller je vous le donne en mille ! Danseuse de Flamenco ! olé ! Mais rassurez vous, elle ne veut pas faire ça toute sa vie, car son vœu le plus cher est d'ouvrir (attention) un... restaurant de tapas ! (oui, ils ont osé.)

     Côté réalisation, on atteint le degré zéro : filmer en gros plan et en champ contre champ des acteurs pendant une heure et demi, c'est tout sauf de la mise en scène... Danièle Thompson nous fait le minimum syndical.

     Les acteurs cabotinent dans leurs emploi habituels, Viard (je l'adore mais là...) fait son numéro de bitch psychorigide et balance des phrases cultes comme "Je déteste les gens en retard".  et le pire c'est qu'après ce genre de phrases, on a, comme dans les mauvais one man show, après chaque vanne, un espace blanc pour permettre au spectateur de rire, sans que l'hilarité bruyante n'empiète sur la phrase de dialogue suivante... c'est pathétique, comme si on soulevait un panneau "applause" (souvent, on a un plan sur Boon qui "réagit" à la blague en levant les sourcils) Ajoutons à ça une "séquence d'émotion" ou Bruel, ravi d'avoir un monologue, explique ô combien il est difficile d'annoncer la mort à un patient. C'est tellement pas dans le ton, tellement mal joué, même les acteurs en seconds plan semblent atterrés. Et dites moi combien de fois vous avez vu ça dans les séries AB production, deux personnages ont un truc vachement important à se dire :

 - non, toi d'abord.  - non, toi !   - bon, ok, je suis enceinte, c'est génial non ? et toi tu voulais me dire quoi de si important, qui ne pouvait pas attendre ?   - non, rien finalement. (et là le téléphone sonne)

     ... A un moment, Marina Fois observe les invités et se dit en voix off qu'elle se sent loin...très loin... C'est exactement ce qu'on ressent tout le long.


     Manquait plus que la chanson de Bénabar à la fin...

 
Good Morning England - ma note pour ce film :
L'Imaginarium du Docteur Parnassus de Terry Gilliam



 Terry Gilliam revient de loin. Après les multiples débâcles de ses trois précédents films, je pensais, le sort s'acharnant sur lui, qu'on ne verrai pas de sitôt de nouvelles images tournées par le génie à l'origine des mythiques Las Vegas Parano ou l'Armée des 12 Singes. En effet, après l'arrêt en plein tournage de The Man who Killed Don Quixote, puis l'accueil sévère, mais justifié, réservé à son bancal Frères Grimm, et Tideland, un petit bijou morbide, passé inaperçu, la faute à un sujet un peu trop noir (une fillette vit avec le cadavre de son père...) on pouvait craindre que le bonhomme se décourage. Il confesse lui-même y avoir songé sur le plateau des Frères... tant la liberté accordée par les studios, qu'il jugeait omniprésents, intrusifs et castrateurs était mince. C'est un comble de voir qu'un réalisateur de cette envergure peut se retrouver avec une marche de manœuvre quasi inexistante...

      Pourtant les sublimes images de L'IMAGINARIUM DU DOCTEUR PARNASSUS semblent marquer le retour en force de Gilliam. Et encore : le tournage du film ne failli jamais se terminer, lui non plus, endeuillé par la mort de son acteur principal, le regretté Heath Ledger, dont ce sera la dernière apparition posthume après son interprétation sidérante du Joker dans The Dark Knight. "Heureusement" le film se déroule dans deux univers distincts : le monde réel, et l'intérieur d'un miroir. Toutes les scènes du monde réel étant dans la boîte, Gilliam décide que quand Tony, le personnage de Ledger, passe à travers le miroir, son apparence sera transformée en même temps. Aussi il fait appel à trois acteurs différents pour l'incarner dans cette deuxième partie de tournage. Johnny Depp, Colin Farrell et Jude Law se prêtent volontiers au jeu et complètent un casting original composé de Christopher Plummer qui jouera le fameux docteur Parnassus, Verne Troyer (Mini-me dans la trilogie Austin Powers, et utilité naine dans toutes les productions américaines depuis que son prédécesseur, qui faisait Willow, a prit sa retraite) le jeune Andrew Garfield (la révélation de Boy-A) et surtout la nouvelle venue, Lily Cole dont le visage étrange, hybride alien entre une poupée de porcelaine et une lolita burtonienne imprime la pellicule !

 La magnifique bande annonce visible >>>>ici<<<< est plus que prometteuse, difficile de ne pas en avoir l'eau à la bouche, surtout qu'on retrouve la même folie visuelle que dans un de mes films préférés : Les Aventures du Baron Mûnchausen,que je place même au dessus de L'armée des 12 Singes et Las Vegas Parano, tant il compile tout ce que j'aime voir au cinéma. A vérifier dès le 11 novembre dans les salles !












 
L'Imaginarium du Docteur Parnassus
Critiques films 2009 : AOUT

Universal Pictures International France   Le Pacte    Paramount Pictures France

     Autant le dire d'entrée, si INGLOURIOUS BASTERD ( ♥♥♥♥ ) n'est pas le film le plus réussi de Quentin Tarantino (mon cœur battra toujours pour toi, Jackie B.!) il n'en est pas moins le plus réjouissant. Régressif mais maîtrisé de bout en bout (ce qui n'était pas toujours le cas dans Boulevard de la Mort, que j'ai ressenti comme un trip plus personnel), il nous offre, divisé en 5 chapitres, l'un des plus brillants film de l'année. Comme toujours dans sa filmographie, la bande son est aux petits oignons, les dialogues ciselés et l'humour noir. Très noir. La tension s'installe peu à peu lors d'un premier chapitre, face à face lent et tendu entre un officier allemand glaçant et un paysan français. Le huis clos pesant sous forme de sadique jeu du chat et la souris prend fin en une apothéose violente qui marque le coup d'envoi de cette farce barrée comme je les aime. A partir de là, on reste scotché à son siège ! Le même schéma sera reproduit dans le troisième chapitre, celui de la taverne, où une soirée entre gens de bonne compagnie finit en carnage. On ne voit pas du tout passer les deux heures et demi que ça dure. Cette fois, Tarantino rend hommage aux westerns aussi bien classiques que spaghettis (on savoure les clins d'œil aux 12 salopards) Il réécrit l'Histoire et la Seconde Guerre Mondiale à sa façon, introduisant sans complexe, anachronismes et incohérences jouissives (la mort d'Hitler...) De plus, Tarantino s'est offert un casting haut de gamme digne d'une tour de Babel. L'allemand Christopher Waltz en nazi à la fois onctueux et inhumain, domine cette troupe au diapason (Pitt, Kruger, Myers, Brühl) et où surnagent difficilement le casting français. Mélanie Laurent fait de son mieux, mais paraît parfois un peu effacée face aux pointures, sans parler de notre compatriote Jacky Ido qui ruine la moindre scène où il apparait, (celle de l'escalier restera dans les annales !) récitant son texte comme dans le plus mauvais épisode de Sous le Soleil. Petit bémol, donc, qui ne gâchera certainement pas ce moment de pur bonheur qui tâche.

     Plongée en apnée dans l'esprit malsain de l'homme qui s'est auto-proclamé "homme le plus dangereux d'Angleterre", BRONSON (
♥♥ ) présente certaines similitudes évidentes, et soulignées jusque sur l'affiche, avec le Orange Mecanique de Kubrick. Surtout que Tom Hardy, l'acteur charismatique incroyable qui incarne Charles Bronson a la même folie, la même énergie viscérale que McDowell, le même abandon à son personnage que rien ne peut défendre ni sauver. L'ambiance générale est très réussie, quasi hypnotique : le film est violent, cru. La bande originale et les passages mis en scène de façon théâtrale et loufoque viennent accentuer un sentiment de malaise et d'âpreté qui prend à la gorge. Le personnage apparaît tellement déjanté et cruel qu'on aurait put sans sourciller  re-titrer le film, Jack Napier ou comment je suis devenu Le Joker. Difficile d'imaginer que le héros n'a rien de fictionnel, et que c'est bien la biopic d'un homme encore vivant qui est reconstituée... Malgré toutes ces qualités indéniables, le film laisse un goût d'inachevé. En s'axant (trop, à mon goût) sur le comportement outrancier de ce personnage sans jamais tenter d'en expliquer la raison, les motivations, le scénario semble vide, manquant cruellement d'enjeu. On assiste, groggy, à une succession de scènes qui finissent par se toutes se ressembler. Et le personnage déjà antipathique perd forcément de sa consistance. Dommage, pour moi, Nicolas Winding Refn, le réalisateur, manquait d'un angle d'attaque, et passe à côté d'un film qui aurait pu être très puissant.

     Blockbuster décomplexé, G.I. JOE ( ♥♥ ) se regarde avec le même plaisir coupable qu'on feuillette Voici chez son médecin. Bon, j'avoue que le film s'adresse au petit garçon de 10 ans qui sommeille en moi, pas au cinéphile exigeant ! En effet, l'humour est trop présent et le scénario répond aux abonnés absents (première heure : tout le monde se bat pour récupérer une valise, deuxième heure : sauvetage du héros) mais le sympathique Stephen Sommers s'y connait pour en mettre plein la vue avec de bonnes grosses séries B efficaces. Contrairement à un Michael Bay, on a vraiment l'impression qu'il s'amuse. La Momie, son sous-Indiana Jones (qui s'avère d'ailleurs bien meilleur que le quatrième volet de Spielberg) en était déjà la preuve. Pas une minute pour reprendre son souffle, ça explose de tous les côtés. Militaires à gros bras, ninjas, bimbos cintrées de cuir et méchants défigurés se tapent sur le beignet sans pause. La course poursuite dans les rues de Paris est assez jouissive (le véhicule blindé qui percute un bus de la RATP a déclenché une standing ovation dans mon cerveau malade) Niveau casting, les performances calibrées pas vraiment subtiles (Marlon Wayans débite des vannes car il est black, Christopher Ecceston serre les dents car il est méchant, Dennis Quaid ne fait rien car son front suinte de Botox, Ray Park est masqué car il est moche) sont agréablement compensées par Sienna Miller, vénéneuse, Channing Tatum, énergique et Saïd Taghmaoui... français. Je ne sais pas si j'irai voir la suite, déjà en préparation, mais je ne me suis pas ennuyé.

 
Inglourious Basterds - ma note pour ce film :
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